lundi 9 janvier 2017

LA LEÇON DU CALEÇON...


Le 5 janvier 2017, Axelle Lemaire, secrétaire d’État chargée du numérique s’est amusée, lors d’un salon de l’innovation technologique à Las vegas, à enfiler un caleçon sur la tête d’un responsable de start-up proposant un « slip anti-ondes ». Axelle Lemaire qui a apparemment trouvé sa trouvaille très drôle a expliqué : « Le cerveau, c’est important aussi », avant de compléter : « Je sais que chez les hommes c’est moins important que d’autres parties... » 

Bon tempèrerez-vous, tout le monde a le droit de faire ou de dire des conneries. Certes, mais celle-ci possède un petit parfum singulier – et pas uniquement parce qu’il y est question de caleçon ! Car nous avons affaire à un membre du gouvernement qui ne laisse jamais passer une occasion de condamner le « sexisme » ordinaire : comprenez celui qui touche les femmes. On l’a par exemple vue il y a quelques mois s’élever contre Bruno Le Maire à qui on avait attribué à tort une remarque sur « nos femmes » (alors qu’il avait dit « les femmes »). Elle ne se prive par ailleurs pas de dénoncer dès qu’elle le peut le sexisme généralisé du monde politique, la trop faible représentation des femmes dans les partis, ou, dans le domaine qui est le sien, d'affirmer son souhait de valoriser « la production de jeux vidéo qui promeuvent l'égalité entre hommes et femmes, en traitant par exemple spécifiquement et sérieusement de sujets liés au sexisme et à la violence envers les femmes ». Tout ceci est très noble.

Mais c’est justement en cela que cet épisode du caleçon est intéressant et symptomatique car il témoigne bien de l'inquiétante dérive de ce féminisme de plus en plus décomplexé dont nous sommes aujourd’hui témoins. Car Axelle Lemaire, comme une grande majorité des féministes, a tellement bien intégré que le sexisme touche exclusivement les femmes qu’elle n’est même plus consciente de celui qu’elle peut générer à l’égard des hommes. Cette anecdote nous prouve bien que les féministes contemporains, ne luttent plus contre le sexisme ou les inégalités à proprement parler, mais bien contre l’homme. Si ce n’était pas le cas, Axelle Lemaire n’aurait même pas songé à commettre le geste qu’elle a commis. Le sens du respect l’en aurait empêché. Mais respecter un homme ? Cela n’a plus cours ma bonne dame ! 

La preuve ? Ce geste d’Axelle Lemaire (qui, à ma connaissance, n’a formulé depuis aucun mea culpa) n’a quasiment bénéficié d’aucun écho dans la presse alors qu’on sait à quel point cette dernière est ordinairement friande de ce type de « dérapages ». Seuls deux ou trois sites secondaires ont évoqué rapidement l’information. La plupart du temps en la minimisant : Challenge.fr parle d’une « blague osée » par exemple. Seul Actu.orange.fr ose utiliser le terme de « sexisme ». 

Imaginez seulement si les rôles avaient été inversés, si un ministre homme avait enfilé un string ou une petite culotte sur la tête d’une femme en laissant entendre que c’est dans ce bout de tissu qu’elle range habituellement son cerveau. Vous auriez vu le tollé. Et je peux vous assurer qu’on n’aurait pas seulement parlé de « blague osé », mais bien plus sûrement d’agression. Et à juste titre probablement. 

Seulement ce qui vaut pour les femmes devrait aussi valoir pour les hommes. On aurait aimé ici voir les associations féministes, les journalistes, les célébrités et autres hérauts zélés de l’égalité des sexes monter aux créneaux comme ils savent si bien le faire dès qu’un homme dit une ânerie (Michel Sapin, Bruno Le Maire, Philippe Le Ray…). Mais cette fois-ci, leur silence est demeuré total. 

Limite assourdissant.

2 commentaires:

Bertrand a dit…

"la trop faible représentation des femmes dans les partis"

Soigne ton orthographe, nom de dieu !
Je te corrige, mais c'est la dernière fois :

"la trop faible représentation des femmes dans les parties"

Beau Stéphane a dit…

;-))