mardi 6 décembre 2016

LES XIII TRAVAUX D'HER.CULE A L’ODYSSÉE...

On parle des XIII travaux d'Her.cule et des éditions Histoires à partager dans l'Hebdo de Sèvre et Maine du 2 décembre 2016.

Installée à Mouzillon, l'association Histoires à partager développe une collection destinée aux personnes qui souffrent de troubles de la lecture. Elle présente, demain, son dernier livre.
Treize ans qu’elle milite pour favoriser l’accès à la littérature des jeunes en difficulté. Depuis 2003, l’association Histoires à partager crée une collection d’albums jeunesse dont la particularité est d’optimiser le confort de lecture.
L’association, basée à Mouzillon, est composée d’orthophonistes, de parents et d’enseignants. Au total, une vingtaine de personnes.
Dans ses livres pour enfants et adolescents, Histoires à partager privilégie le papier mat pour « éviter le miroitement ». Opte pour une écriture courte, un interlignage important et une police plus grosse. « Chaque chapitre est accompagné d’une illustration », explique Muriel Romans.
« L’objectif est de favoriser la compréhension du texte et de contribuer au plaisir de lire », poursuit la Mouzillonnaise, orthophoniste à la retraite.
La collection particulière vise les personnes atteintes de dyslexie, dysphasie, dyspraxie. Bref, celles qui sont concernées par les troubles de la lecture et des apprentissages.
Un public qui se trouve en situation d’échec en raison d’un mot mal compris, d’un contresens. Ces troubles touchent 6 % de la population scolaire. Et 10 % de la population générale. La tâche de l’association consiste donc à travailler le texte de manière à éviter les confusions.
Histoires à partager collabore avec des auteurs et des dessinateurs de la région. L’association se réservant le travail d’adaptation.

Muriel Romans (à droite), orthophoniste et responsable
d'Histoires à partager, viendra présenter le dernier
roman et le travail de l'association à la librairie
de l'Odyssée à Vallet, samedi 3 décembre

Présentation à la librairie de l’Odyssée

La ligne éditoriale est assumée. Histoires à partager utilise les contes traditionnels et les mythes fondateurs (le voyage d’Ulysse, contes de Grimm…).
Le produit de la vente (16 €) est réinvesti dans un nouveau projet. Et vient enrichir la belle collection illustrée forte d’une petite quinzaine d’ouvrages.
L’association qui a reçu des subventions du Département ou de la Fondation d’entreprise BPA (1 500 €) vient de sortir son nouveau livre paru en octobre 2016 : Les XIII travaux d’Hercule, de Stéphane Beau et Trégis, opus inspiré de la mythologie grecque pour adolescents. Un livre que Muriel Romans présentera le samedi 3 décembre à 11 h à la librairie de l’Odyssée à Vallet. La présentation sera suivie d’échanges autour des difficultés d’apprentissage.

mardi 15 novembre 2016

APRES NOUS LE DELUGE...


L’extrait qui suit est issu d’Après nous le déluge, le dernier livre de Peter Sloterdijk. Ouvrage touffu, flamboyant, érudit, qui se penche sur la question de la modernité définie comme une « chute en avant perpétuelle » et qui pose la question de la transmission entre les générations.
 
La pensée que Sloterdijk développe dans cet essai pourra sans doute être lue par quelques mauvais esprits comme une défense réactionnaire de la tradition contre la révolution (notamment la Révolution Française qui symbolise selon lui le mieux le « hiatus » entre l’ancien régime et le nouveau monde). Mais son approche est beaucoup plus subtile que cela. La question qu’il nous pose réellement est, selon moi celle-ci : quelle est la réelle marge de manœuvre pour l’individu contemporain pour s’épanouir librement et honnêtement dans un monde perpétuellement tiraillé entre deux forces : celle qui, tournée vers le passé, refuse toute projection vers l’avant et celle qui, tournée vers le futur, aspire à faire table rase du passé et rêve d’une humanité sans racines, capable de se développer « hors sol ».
Un livre à lire en tout cas.
 
« L’attaque contre les différences héréditaires se paie par le déclenchement d’une compétition permanente pour les meilleures places, entre de nouveaux candidats censés disposer de chances égales, course qui produit inévitablement d’innombrables perdants. Cela peut expliquer l’effet paradoxal, sur le plan de la psychologie sociale, que les sociétés modernes, tout en jouissant d’une richesse sans précédent, d’une redistribution massive et d’une espérance de vie en forte expansion, doivent lutter contre l’assombrissement chronique de leur humeur fondamentale. »

dimanche 13 novembre 2016

DERRIERE LA VITRE...


Pioché dans Derrière la vitre de Robert Merle :
 
" Qu’est-ce qu’une coquette ? Une fille qui n’arrête pas de vous offrir ce qu’elle n’a pas l’intention de vous donner. Et la prude, alors ? Eh bien, disons que c’est la fille qui n’arrête pas de vous refuser ce que vous n’avez pas l’intention de lui demander. "

mercredi 9 novembre 2016

LA FIN D'UNE EPOQUE...


J’apprends le même jour que Donald Trump est élu président des États-Unis et que Les Feux de l’amour vont peut-être s’arrêter.
Trop c'est trop... Décidément, le monde va mal !

mardi 8 novembre 2016

BIENVENUE A LA FOSSE COMMUNE...

Je m'intéresse depuis le début aux aventures de la talentueuse et généreusement décadente maison d'édition Les Ames d'Atala dont la revue Amer a été un temps une proche cousine du Grognard.
 
C'est par conséquent avec un grand plaisir que je reproduis ici leur appel à souscription pour leur projet de Fosse Commune, ouvrage entièrement illustré par LMG dont vous pouvez avoir un aperçu du talent ICI.

A vot' bon coeur, donc :


APPEL A SOUSCRIPTION !
Fosse commune est la dernière étape du projet desEpitaphes. Pour rappel, LMG, névroplasticiennea diffusé un appel à contribution entre juin 2011 et juin 2015 qui sollicitait amis, famille, collègues et inconnus, en les invitant à imaginer et à raconter par écrit leur propre mort.LMG a livré pour chacune de ces confidences textuelles, petit récit nécrologique ou simple conte testamentaire, une réponse plastique, une interprétation graphique réalisée au graphite et à la mine de plomb que chaque participant ou participante se verra un jour remettre. L'ensemble des dessins créés est dores et déjà consultable sur le site de la névroplasticienne.
Aujourd'hui, nous proposons de réunir ces 365 dessins dans un seul et bel ouvrage à paraître auxÂmes d'Atala afin que la petite aventure nécrologique prenne tout son sens.
Ou plus exactement, tous ses sens, l'intérêt de cette somme peu commune relevant du croisement et du tissage des différents récits bien plus que du catalogue des expériences individuelles et séparées les unes des autres.
D'où le titre de l'ouvrage : Fosse commune.
C'est un gros projet, particulièrement onéreux qui nécessite la participation de tous ceux et toutes celles qui voudront s'aventurer dans ces quelques 400 pages comme on foule les allées d'un cimetière pour des raisons aussi diverses que de se recueillir, se promener, dériver, fumer un joint, faire la sieste, fuir la police, prendre des photos, trouver de l'or, faire l'amour, manger entre midi et deux, enterrer un proche, observer la faune et la flore, se suicider, assister à une conférence, voler du métal, arroser des plantes, exhumer un cadavre, jouer avec des cordes, s'entretenir avec un mort, se souvenir ou lire.
Mais pourquoi on vous dit tout ça déjà ? Ah oui ! La thune. La maille. Les sous.
Il nous faut de l'argent pour mener à bien ce projet. Et forcer le tronc des églises ne rapporte pas assez.
Nous faisons la quête, donc. Vous pouvez donner ce que vous voulez ou pouvez. De manière sécurisée, par internet et par carte bancaire à cette adresse :

Vous pouvez choisir le montant de votre participation à cette souscription en appuyant sur la première case rouge en haut à droite de l'écran : "Faire un don". Si vous éprouvez quelques difficultés que ce soient sur ce site, et bien débrouillez-vous.
Ou dites-nous si vraiment vous ne vous en sortez pas (ou pour toutes autres questions) : zamdatala@riseup.net
N'hésitez pas en tous cas, ce n'est pas bien compliqué et tout l'argent donné nous est intégralement reversé.Pour recevoir le livre chez vous, la souscription est de 25 euros minimum. En dessous, dans tous les cas, vous nous aidez et on finira bien par s'arranger. Au dessus de ce montant, c'est que vous pouvez, nous ne vous avons pas forcé, mais c'est plus que bienvenu. Dans tous les cas, merci. Beaucoup.
Vous pouvez aussi nous envoyer un chèque par voie postale à l'ordre des Ames d'Atala, chez LMG Névroplasticienne, 33 bis rue Lépine, 93500 Pantin, FRANCE.
Enfin, si vous préférez nous remettre de la monnaie sonnante et trébuchante, oups attention, lorsque vous nous croisez ici et là, oups, encore pardon, et bien faites à votre guise.
Voilà ! Assez parlé d'argent, c'est lassant.
 
Bel automne à vous.
LMG & les âmes
Novembre 2016.

EN DIRECT DE BIBLIOPOLIS...

Je serai au festival des livres de Bibliopolis (Thouaré-sur-Loire, 44) le dimanche 13 novembre, de 10h à 18h.
 
J'y présenterai notamment mes derniers livres : La Confrérie des Cinq (éditions du petit Pavé) et Les XIII travaux d'Her.cule (éditions Histoires à partager).
 
Tous les détails du programme ICI.

mercredi 26 octobre 2016

ARBRES COMPLÉMENTAIRES A L'HOPOPOP CAFÉ...


Mardi premier novembre, à l'Hopopop café (6 allée du Port Maillard, Nantes), à partir de 19h30, Adeline Doré proposera une lecture de poèmes tirés d'Arbres complémentaires

Elle sera accompagnée pour l'occasion par Cécile Lacharme au violoncelle.

La lecture sera suivie d'un entretien avec Luc Vidal, l'éditeur du livre, d'une discussion, puis d'une séance de dédicace.

mardi 25 octobre 2016

PALANTE, TOUJOURS...

Trouvé par hasard ce compte rendu rédigé par Nicolas Baygert à l'occasion de la réédition de deux textes de Palante que j'avais établie et postfacée en 2007 pour les éditions Mille et une nuits. Séquence nostalgie !

« LA SENSIBILITÉ INDIVIDUALISTE : SUIVI DE ANARCHISME ET INDIVIDUALISME » DE GEORGES PALANTE

Dans ce plaidoyer virulent, Palante prend le parti d’opposer l’anarchisme, présenté comme idéalisme exaspéré et fou, à l’individualisme, qui selon lui se résume en un trait commun à Schopenhauer et à Stirner : un impitoyable réalisme. (p. 58.)
Au fil des pages, l’auteur torpille et ringardise l’anarchisme – ce dogmatisme social imbu d’humanisme et de moralisme – l’apparentant à une doctrine de grenouille de bénitier : « c’est au fond la morale chrétienne, abstraction faite de l’élément pessimiste que renferme cette dernière. » (p. 65). Doctrine de l’espérance, l’anarchisme, optimiste et idéaliste, suppose que les vertus nécessaires à l’harmonie sociale fleuriront d’elles-mêmes. Une doctrine grégaire qui ferait confiance à la tempérance des foules une fois la bête lâchée. Une doctrine caractérisée par une foi ; la foi en la science.
Palante ne disqualifie pas d’emblée l’anarchisme puisqu’il représenterait un premier moment de l’individualisme : le moment de l’action courageuse et confiante dans le succès (p. 50). À son second moment l’individualisme se convertit néanmoins en pessimisme social. L’auteur souligne ici qu’il s’agit d’un pessimisme de fait, pessimisme expérimental en quelque sorte, pessimisme a posteriori, « totalement différent du pessimisme théologique qui prononce a priori, au nom du Dogme, la condamnation de la nature humaine. » (p. 56)
Comme pessimisme social, la sensibilité individualiste représente une défiance raisonnée vis-à-vis de toute organisation sociale, les sensibilités chrétiennes, humanistes, solidaristes et démocratiques, ayant pour dessein d’effacer les distinctions entre les moi.
Palante prône dès lors un athéisme social fondé sur une désidéalisation foncière de la vie et de la société. Un combat qu’il distingue cependant comme perdu d’avance, la société finissant toujours par mater l’isolé.
Se référant tour à tour à Vigny, Stendhal, Amiel, Nietzsche, Barrès, ou Stirner, Palante, conçoit la sensibilité individualiste comme un « espagnolisme » du Moi ; « une façon de se dérober, une façon de fermer sa porte, de défendre son for intérieur ; c’est l’isolement hautain de l’individu dans la forteresse de son unicité ; c’est une sécession sentimentale et intellectuelle. » (p. 18.)
Or, comment subsister dans une société regardée comme un mal nécessaire sans dépérir ou tirer précocement sa révérence ? Palante répond à cette question en reprenant le projet « eudémonologique » de Schopenhauer consistant à rendre la vie aussi agréable et aussi heureuse que possible. L’auteur souligne là encore que la tactique de l’individualiste contre la société sera « infiniment plus complexe, plus délicate, plus riche, plus nuancée et plus variée que celle, grossière et brutale, de l’anarchisme. » (p. 74)
Une lecture autant impérieuse qu’impérative apportant une clarification définitoire essentielle…

Nicolas Baygert


mardi 18 octobre 2016

LES XIII TRAVAUX D'HER.CULE...

Cette fois ça y est : Les XIII travaux d'Her.cule sont disponibles.

Illustrations : Trégis.

Tous les détails sur le site des éditions Histoires à partager.

lundi 17 octobre 2016

CECI N'EST PAS UNE PIPE...


Les débats autour du « genre » sont tout même assez curieux. Nous avons eu l’occasion de le constater ces derniers jours, avec l’intervention du pape François qui a accusé les manuels scolaires français de propager la « colonisation idéologique » de la « théorie du genre ». 

Ce qui a entraîné, immédiatement, la maintenant traditionnelle riposte des défenseurs du genre : « la théorie du genre n’existe pas, il n’y a que des études de genre ». Circulez, y a rien à voir ! S’ils le disent… 

Personnellement, je ne sais pas si « la théorie du genre/les études de genre » (rayer la mention inutile) a/ont gravement contaminé les programmes scolaires, mais ce dont je suis certain, c’est que les mœurs puériles de la cour de récréation se sont durablement invitées dans les débats publics ! Et l’envie serait forte, pour ma part, de renvoyer le pape et Najat Vallaud-Belkacem chacun dans un coin avec un bonnet d’âne sur la tête. 

Certes, on peut légitimement se gausser de « la parole pour le moins légère et infondée » du pape, comme le fait notre merveilleuse ministre de l’éducation. Entendre le représentant de l’Église catholique romaine déplorer une « colonisation idéologique » est effectivement assez drôle. Mais en face, comment ne pas s’esclaffer quand on entend tous les ténors du féminisme nous expliquer qu’il est absurde de parler de « théorie » quand on parle du « genre ». Car attention, c’est complètement différent. Mélanger les deux, c’est faire comme dans le célèbre sketch des Inconnus, confondre les bons chasseurs avec les mauvais chasseurs (vous savez : le bon chasseur, il vise et il tire alors que le mauvais, hein, il vise et puis… il tire !).
Essayons malgré tout de tirer (en bon chasseur de logique) les choses au clair. Quelle est la différence entre « études de genre » et « théorie du genre » et pourquoi est-il si important de différencier les deux formulations ? 

Les études de genre, lit-on sur l’incontournable Wikipédia, « forment un champ de recherche pluridisciplinaire qui étudie les rapports sociaux entre les sexes. De manière générale, les études de genre proposent une démarche de réflexion et répertorient ce qui définit le masculin et le féminin dans différents lieux et à différentes époques, et s’interrogent sur la manière dont les normes se reproduisent au point de sembler "naturelles" ». 

Bon, d’accord. Et une théorie, c’est quoi ? Selon le Larousse, c’est un « ensemble organisé de principes, de règles, de lois scientifiques visant à décrire et à expliquer un ensemble de faits », ou un « ensemble relativement organisé d'idées, de concepts se rapportant à un domaine déterminé ». Sur le site du CNRTL, on lit : ensemble de notions, d’idées, de concepts abstraits appliqués à un domaine particulier et organisés en système (avec une finalité didactique) ». 

Et la différence entre les deux ? À première vue, ce n’est pas facile à dire : « champ de recherche », « domaine déterminé », « répertorient ce qui définit », « ensemble d’idées, de concepts », « démarche de réflexion », « décrire et expliquer ». Les termes de la définition de la théorie peuvent assez facilement se glisser dans celle des études de genre, et vice-versa. Et puis, le mot « théorie », si on ne le prend pas dans son acception péjorative d’hypothèse hasardeuse est plutôt un terme qui a une vraie valeur scientifique. À ma connaissance, Einstein n’a jamais grogné parce qu’on parlait de « théorie de la relativité » au lieu de parler « d’études de la relativité ». 

Alors pourquoi les féministes récusent-ils ainsi, et aussi fermement le vocable de « théorie » quand on l’associe au mot « genre » ? L’explication est simple : la théorie est potentiellement réfutable alors que l’étude l’est beaucoup plus difficilement puisqu’elle ne représente qu’une partie d’un grand ensemble, d’un work in progress 

Que des réflexions s'élaborent sur la question du genre est légitime, comme le sont de la même manière toutes les études visant à décrypter les mécanismes des déterminismes sociaux. Par contre ce qui est moins légitime, c’est d’essayer de faire croire au badaud que ces études naissent comme ça, de rien, sans aucun postulat, sans aucunes prémices, sans aucune hypothèse de base. Car le problème, ce ne sont pas ces études en elles-mêmes, mais le fait que l’on tente de nous les présenter comme étant détachées de toute idéologie, ce qui est quasiment impossible dans le domaine des sciences humaines. Pour rappel, l’idéologie est un « ensemble plus ou moins cohérent des idées, des croyances et des doctrines philosophiques, religieuses, politiques, économiques, sociales, propre à une époque, une société, une classe et qui oriente l'action » (CNRTL). 

Qui « oriente l’action » : on peut difficilement être plus clair. Bien sûr que les études de genre sont orientées idéologiquement, elles ne surgissent pas comme ça, spontanément, de nulle part. Bien sûr qu’elles sont indissociables de « croyances et de doctrines philosophiques, religieuses, politiques, économiques, sociales ». Ce n’est d’ailleurs un secret pour personne qu’elles sont fortement liées aux combats féministes et aux questions d’orientation sexuelle. Et pourquoi pas ? Ce n’est pas une tare : il faut bien que les hypothèses viennent de quelque part. 

Et puis, le constat que l’école reproduit plus les inégalités qu’elle ne les atténue n’a rien de très neuf. C’est vrai pour les inégalités de genre, comme ça l’est pour les inégalité sociales en général : les enfants d’ouvriers réussiront moins que les enfants de cadres, les enfants de quartiers défavorisés moins que ceux des quartiers huppés, les enfants d’immigrés moins que les enfants dont les origines sont hexagonales… Concernant ces inégalités que Bourdieu a grandement participé à mettre en évidence, on ne voit d’ailleurs aucun problème à parler de « théorie de la reproduction sociale », alors que là aussi, en pinaillant un peu, on pourrait crier au scandale et dire qu’il ne s’agit que d’études. ce qui montre bien que le problème est ailleurs. 

Privilégier l’angle des inégalités de genre relève d’un choix qui n’a rien d’anodin. Il est sans doute louable de vouloir limiter les inégalités entre les petits garçons et les petites filles, sauf si cela nous sert uniquement à masquer le fait que ça ne résoudra rien sur le plan des autres inégalités, par exemple celle qui continuera à persister entre la petite fille issue de l’immigration et la petite fille d’origine française vivant dans un quartier chic.

On peut même légitimement se demander si la volonté de mettre l’accent sur les inégalités garçons/filles n’est pas surtout un moyen de masquer l’impuissance (ou le manque d’entrain) constaté depuis des décennies pour faire en sorte que l’école serve un peu moins de matrice de la reproduction sociale. 

Le genre utilisé comme cache-sexe de la reproduction, notez que ce serait cocasse !